Togo, pays le plus corrompu selon Transparency International : Que fait la HAPLUCIA ?

Togo, pays le plus corrompu selon Transparency International : Que fait la HAPLUCIA ?

Beaucoup le savent, le Togo est l’un des pays les plus corrompus jusque dans ses moindres méandres à la seule différence qu’on ignore à quel degré le pays est immergé. Les scandales financiers au sommet de l’Etat, sonnent désormais comme une routine que les gouvernants s’offre pendant qu’ils sont en fonction et puisent dans les deniers publics sans pour autant se soucier de l’intérêt de la nation. Pas plus tard que le 23 janvier dernier, le Togo est encore classé, selon le rapport 2019 de Tranparency  International, parmi les pays les plus corrompus, le hissant au 130ème rang sur 180.  Face à ce rapport accablant, la question « que fait la HAPLUCIA ? » vaut son pesant d’or.

La Haute autorité de prévention et de lutte contre la corruption et les infractions assimilées (HAPLUCIA) semble visiblement passer à côté de sa mission alors que tous les regards sont tournés vers cette institution qui, depuis 4 ans, titube. Elle hésite donc à mettre derrière les barreaux, les  grands corrupteurs et leurs complices corrompus qui ne ménagent aucun effort pour se remplir les poches dès qu’une occasion se présente.

Des esprits avisés ont déjà émis l’hypothèse selon laquelle, cette institution qui est censée mener une guerre contre la corruption dans le pays s’affiche plutôt du côté des corrupteurs. A en croire nombre d’observateurs, la HAPLUCIA s’en prend aux petits poissons pendant qu’elle laisse pavaner les requins qui saignent les sociétés d’Etat, font la plus et le beau temps sans pour autant craindre des poursuites judiciaires. Cela ne peut être autrement dans un pays où personne n’a de compte à rendre.

Pour preuve, les auteurs cités dans les scandales financiers, notamment la prévarication des fonds devant couvrir les dépenses des Eperviers du Togo lors de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) de 2013, et ceux impliqués dans le détournement du fonds dédié au réaménagement de la route Lomé-Vogan-Anfoin courent toujours les rues.

Novembre dernier, l’institution en lutte contre la corruption a saisi le bureau du Procureur de la République près du Tribunal de Première Instance sur les deux dossiers. A ce jour, l’on ne pourra exactement situer l’opinion de l’évolution ou encore savoir si ces dossiers connaitront un aboutissement. Selon le rapport du Cabinet International Investment Corporation (IIC Sarl), 628 millions de francs CFA ont disparu comme par magie des fonds alloués à  la participation des Eperviers à la CAN 2013 en Afrique du Sud, alors que le Premier ministre d’alors, sieur Arthème Kwesi Seleagodji Ahoomey-Zunu était président du comité de gestion des fonds.

Quant à la construction de la route Lomé-Vogan-Anfoin, (61km), confié à l’entreprise CECO BTP, 26 milliards de francs CFA se sont volatilisés sans laisser de traces.  Le ministre des Infrastructures et des Transports, Ninsao Gnofam, à l’époque, a avancé devant l’Assemblée nationale que cette somme a permis à l’entreprise de se doter des moyens matériels.

Tout porte à croire qu’au Togo, le vol est encouragé au sommet de l’Etat si on considère encore une fois que des ministres ont été évincé par le CAMES pour plagiat lors de leurs thèses et bien d’autres faits pour lesquels des personnalités du pays ne seront jamais poursuivies, malgré les scandales financiers qui les accablent.

Face à de telles situations, le rapport Corruption Perception Index 2019 de Trensparency International qui octroi au Togo la 130è place avec une moyenne de 29 sur 100 ne surprend personne. La HAPLUCIA n’est qu’un machin créé pour faire des yeux doux aux partenaires et autres bailleurs, dans le but de montrer qu’on veut lutter contre la corruption dans ce pays. Alors qu’il n’en est rien.

Avec la mise en place de la HAPLUCIA, les citoyens ont eu une lueur d’espoir. Beaucoup ont cru que c’est la fin du phénomène. Malheureusement, c’est un leurre. Le mal demeure. Et le peuple togolais en souffre.

« Nous allons insister sur la lutte contre l’impunité. Ce qui veut dire que très bientôt, nous allons travailler les plaintes et les différents rapports que nous avons reçus sur les affaires des 2 CAN et sur la route Lomé-Vogan-Anfoin », avait déclaré le premier responsable de cette institution. Mais jusque-là, rien.

 

Felo K

 

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