Tanzanie /John MAGUFULI, Un président pas comme les autres

Tanzanie /John MAGUFULI, Un président pas comme les autres

Aimé de tous, ministres et supporters, pour son charisme et le renouveau qu’il a apporté dans sa gestion du pays, le président Tanzanien John Magufuli tient à la promesse prononcée lors de son investiture, celle de respecter la constitution de son pays et de ne plus se représenter lors des prochaines élections présidentielles en Tanzanie.

Sans le vouloir, John Magufuli est en train de donner une leçon de démocratie à ses paires du continent qui continuent de penser qu’il n’y a plus de vie après le fauteuil présidentiel. Malgré qu’il soit un pur produit du système, cet homme d’Etat, docteur en chimie, a une autre vision de la gouvernance afin de marquer à jamais l’histoire. Au soir de son deuxième mandat à la tête de la Tanzanie, John Magufuli a fait le choix de la raison plutôt que celui de la cupidité. Élu avec 58% des voix en 2015, âgé aujourd’hui de 57 ans, il n’a pas voulu modifier la constitution pour se maintenir au pouvoir. Celui que l’on surnomme en Tanzanie “BULLDOZER”, a su marquer son passage à la tête du pays par ses actes parfois au-delà de l’entendement. Le jour même de son investiture, il a réduit les frais prévus pour la cérémonie de 92.000 euros à 6460 euros. Il voyage dans les vols commerciaux et fait le tour de certaines villes en voiture. Il marche, souvent déguisé, dans les ruelles des quartiers pour toucher certaines réalités. Il quitte son palais présidentiel, se transforme en éboueur pour nettoyer les rues et les poubelles de la capitale. Il a même annulé les festivités de commémorations de l’indépendance pour privilégier une campagne de nettoyage d’espaces publics en déclarant : «il est honteux de célébrer l’indépendance quand notre peuple meurt encore de choléra».
A sa prise de pouvoir il n’a mis que huit mois pour convaincre les Tanzaniens à l’adopter lui et ses idéologies rénovatrices. Il a fait de la lutte contre la corruption et de l’amélioration des conditions de vie son cheval de batail. En un temps record il a licencié 10.000 faux fonctionnaires, en récoltant plus de 400 millions d’euros de taxes impayées, en seulement deux mois. Il a renvoyé son ministre de l’Intérieur pour état d’ivresse en plein parlement. Les mesures en faveur des plus pauvres seront financées grâce à la réduction des dépenses courantes, a-t-il ajouté. Le gouvernement dans son ensemble a été prié de renoncer à ses petites extravagances, les sociétés privées seront davantage mises à contribution, tout comme les élites les plus riches, et le président s’est dit bien décidé à faire rentrer taxes et impôts dans les caisses de l’État.
John Pombe Magufuli, autrefois méconnu de la scène politique, a été élu en 2015 à la surprise générale pour succéder à Jakaya Kikwete. Bien avant d’être président, il a été par deux fois ministre des travaux publics.

Dela F.

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