Campagne électorale, période de toutes les folies

Campagne électorale, période de toutes les folies

Dans moins d’une semaine, plus précisément le jeudi 6 février prochain, commence la campagne électorale pour le compte de l’élection présidentielle du 22 février 2020 au Togo. C’est un moment très attendu par les électeurs pour jauger les candidats qui, en opération de charme, utilisent tous les astuces possibles pour séduire leurs potentiels votants. C’est également une période où les candidats dépensent sans compter.

Conception d’affiches ou de tracts, organisation de meeting ici et là, transport de la logistique des candidats, déplacement des militants, etc. des activités qui nécessitent d’énormes investissements, surtout lors de la campagne électorale. Et les candidats, surtout ceux qui ont les moyens (il faut faire exception de ceux qui utilisent les moyens de l’Etat), y mettent tout leur cœur pour se rendre visible aux yeux des électeurs.

C’est aussi le moment où certains jeunes gens trouvent leur compte, puisqu’ils sont sollicités par des candidats, qui pour distribuer les tracts, assurer la logistique, poser les affiches, organiser les meetings avec sensibilisation des populations qui devront se rendre sur les lieux où se tiennent ces rassemblements… L’intervention des candidats sur les médias tient le haut du pavé dans ces dépenses. Ajouter à cela, les publicités et les impressions sur les t-shirts avec le logo du parti.

A l’intérieur du pays, il faut déplacer les militants, assurer leur hébergement et la restauration. Toutes ces activités demandent des millions. On sait qu’au Togo, dans le cadre de cette élection présidentielle, 500 millions ont été débloqués par le gouvernement pour financer les candidats. 60% de cette somme seront octroyés aux candidats pour la campagne électorale. Le reste sera débloqué après le scrutin, mais à condition que le candidat s’en sort avec un score de 5% des suffrages.

On sait qu’il y a 7 candidats en lice pour cette présidentielle. Et donc avec 60% (300 000 000 FCFA), chaque candidat aura un peu plus de quarante-deux millions (42 000 000 FCFA) de francs CFA. Sans oublier que chaque candidat avait eu à payer une caution de vingt millions (20 000 000 FCFA) de francs CFA lors du dépôt des dossiers de candidature. Et donc, si nous taisons volontairement les gymnastiques qu’ont faites certains candidats pour trouver ces 20 000 000 pour la caution, il revient à dire qu’il ne reste en réalité qu’un peu plus de 22 000 000 pour la campagne électorale. C’est là où les choses deviennent compliquer pour certains. Il faut alors adopter une méthode de campagne.

C’est ainsi qu’on verra des candidats qui feront des porte-à-porte, c’est-à-dire qu’ils choisiront de ne pas faire de grands meetings, de grandes caravanes. Ils se contenteront d’aller vers les populations, parfois même dans leur domicile. Ils feront aussi des meetings dans les quartiers, mais seront beaucoup plus visibles dans les médias. D’autres qui ont les moyens mettront les bouchées doubles lors de cette campagne.

Généralement au Togo, c’est le parti au pouvoir qui verse dans ces dépenses folles lors des campagnes électorales. Déjà sur les réseaux sociaux, on peut voir les gadgets griffés UNIR qui circulent. Même les préservatifs sont estampillés UNIR. A en croire de nombreux observateurs, ce parti dépasse même le plafond prévu par le code électoral dans les dépenses liées aux campagnes électorales. Mais personne ne semble devoir de compte à rendre.

Dans tous les cas, ici, on ne connaît jamais le budget de la campagne électorale de chaque parti. Chacun fait ce qu’il peut pour séduire à sa manière l’électorat. Surtout qu’au Togo, on ne vote pas un programme, mais par affinité à un candidat ou par sa capacité à acheter la conscience des électeurs et à corrompre par divers cadeaux.

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